Comment arrêter de fumer en respirant mieux ?

Article invité rédigé par Michael du blog StopTabac

arrêter le tabac en respirant mieuxLa respiration, c’est la vie ! Rien n’est plus vrai que cela. D’ailleurs, comment sait-on si quelqu’un est en vie ?

Si vous êtes parent, peut-être avez-vous (ou avez-vous eu) l’habitude, le soir, d’écouter à la porte de la chambre de votre enfant pour voir si tout va bien. En l’entendant respirer, vous êtes soulagé.

Notre respiration est inconsciente 99% du temps – nous n’avons pas besoin d’y prêter attention pour qu’elle se produise. Et parfois, nous en prenons volontairement le contrôle.

Dans ma pratique, j’ai remarqué que la majorité des personnes ne respirent pas bien, et particulièrement les fumeurs. Alors voyons comment reprendre le contrôle de son corps en réapprenant à respirer.

Rôle de la respiration

Techniquement, la respiration est un échange gazeux. On inspire de l’oxygène et on expire du dioxyde de carbone. Les milliards de cellules composant le corps humain ont besoin de recevoir de l’oxygène pour produire de l’énergie.

Ainsi, chaque minute, un être humain au repos consomme 1,5 gramme d’oxygène.

Cet acte si banal est sous contrôle du système nerveux autonome, qu’on a coutume d’appeler le serviteur du cerveau, puisqu’il transmet ses ordres aux différentes parties du corps.

Imaginez le système nerveux autonome (ou SNA) comme une paire de câbles (en l’occurrence des nerfs) dont l’un jouerait le rôle d’accélérateur et l’autre de frein ou ralentisseur.

C’est dans le tronc cérébral – partie faisant la jonction entre la moelle épinière et le cerveau – que la respiration est pilotée. De plus, elle est synchronisée avec le rythme cardiaque. Ce qui veut dire que chaque inspiration accélère le cœur, tandis que les expirations le ralentissent.

De façon automatique, le cerveau adapte les rythmes respiratoires aux besoins du moment. Si on accélère le pas ou que l’on s’active physiquement (faire le ménage par exemple), les besoins en oxygène vont augmenter, nous forçant à respirer plus vite.

Mais on peut aller encore plus loin : psychisme et rythme respiratoire (et donc cardiaque) sont également étroitement liés.

Comment cela ?

Avez-vous déjà prêté attention à votre respiration quand vous êtes stressé, ou quand vous avez peur ?

Dans ces états de détresse psychiques, le cerveau s’imagine que l’objet de votre stress ou de votre peur est un danger pour votre survie. Pour se défendre contre un danger, il n’a que 2 solutions : se battre ou s’enfuir – il y en a une troisième ; faire le mort.

Se battre ou s’enfuir réclament tous les deux de l’énergie. Et comme la production d’énergie ne peut se faire sans oxygène, l’accélération du rythme respiratoire est primordiale.

Autre approche

Le poumon est symbole de liberté, d’autonomie. Pour s’en convaincre, il suffit de demander à une personne souffrant d’emphysème (ou toute autre affection respiratoire) si elle se sent libre et autonome.

Ou encore, est-ce qu’un plongeur est totalement libre et autonome quand il est sous l’eau ?

Sa liberté et son autonomie dépendent de la quantité d’oxygène restante dans ses bouteilles.

Les poumons ne servent pas seulement à fournir de l’oxygène. Sans respiration il serait, par exemple, impossible de parler ou de chanter. C’est ainsi que le poumon est un symbole de communication entre “moi” et l’univers (comme le dit Jacques Martel dans son Grand dictionnaire des malaises et des maladies).

Or, il semblerait que les fumeurs aient des difficultés à communiquer, pour différentes raisons (il y a d’ailleurs autant de raisons qu’il y a de fumeurs !).

Je suis intimement convaincu qu’une meilleure gestion émotionnelle suffirait à résoudre nombre de maux, malaises ou maladies !

La pratique

Alors comment réapprendre à respirer ? La meilleure méthode que je connaisse est la cohérence cardiaque.

Cet excellent outil de gestion du stress a débarqué en France au début des années 2000. C’est le regretté David Servan-Schreiber qui nous l’a fait connaître grâce à son livre Guérir.

Comme dit plus haut, la respiration et les rythmes cardiaques sont gérés par une partie du cerveau. Dans sa gestion, le cerveau tient compte de l’environnement interne et externe. C’est pour cela que face à un événement stressant, la respiration va être saccadée.

En reprenant volontairement le contrôle de notre respiration, c’est comme si nous disions au cerveau que la situation n’est pas dangereuse, que tout va bien.

Que se passe-t-il alors ?

Un état de calme prend progressivement la place de l’état de détresse, de stress ou d’angoisse. En quelques minutes, tout va mieux. N’est-ce pas mieux que de griller une cigarette ? Plus naturel ?

Comment reprendre le contrôle de sa respiration ?

Essayez ceci : Inspirez par le nez profondément (c’est-à-dire en gonflant le ventre et non la cage thoracique). Bloquez votre respiration pendant 3 ou 4 secondes. Puis, expirez par la bouche. Voici une manière très simple de reprendre le contrôle.

Entraînement

En faisant ce petit exercice, vous avez peut-être remarqué que la respiration abdominale n’est pas si simple. C’est parce que notre respiration est saccadée et thoracique.

La respiration abdominale a beaucoup d’effets positifs sur la santé, tant physique que mentale ou émotionnelle. Mais c’est comme faire du sport, pour être bénéfique, il faut en faire régulièrement.

Grâce à la cohérence cardiaque, on rétablit l’équilibre entre les deux branches du système nerveux autonome (dont il a été question plus haut).

L’une des deux branches a tendance à “se détendre”, à être moins réactive que l’autre à cause des conditions de vie stressantes dans lesquelles nous vivons.

 

Donc, en intégrant dans notre programme journalier quelques séances de cohérence cardiaque (3 fois 5 minutes dans un premier temps), on répare (ou tout du moins on limite) les dégâts occasionnés par la cigarette (et tous les autres excès).

Conclusion

La respiration est bien plus qu’un réflexe, qu’un automatisme.

Comme nous l’avons vu, respirer, c’est la vie. Mais mieux respirer, c’est une meilleure vie !

Dans son livre consacré à la cohérence cardiaque, le docteur David O’Hare (le spécialiste francophone de la discipline) dit que le tabagisme, l’une des addictions les plus fortes, serait étroitement lié à la respiration, et surtout à ce qu’elle représente symboliquement pour le cerveau.

Je suis moi-même convaincu qu’elle joue un rôle important dans l’addiction. Si ce n’était pas le cas, manger, boire ou s’injecter de la drogue auraient le même effet.

Je ne peux que vous encourager à réapprendre à respirer grâce à la cohérence cardiaque. Les preuves scientifiques à son propos ne cessent de croître (+10.000 sur pubmed).

Alors, qu’attendez-vous ?