Interview de Cédric Villa, un modèle d’entrepreneuriat basé sur le plaisir

Cédric Villa, auteur, conférencier et président d’une entreprise en plein essor nous parle de son modèle entrepreneurial intégralement orienté vers la joie et le plaisir. Le stress et la pression, monnaie courante des entrepreneurs ? Ce n’est pas vrai pour Cédric qui a su détourner ces facteurs pour en faire des alliés.

Cédric, quelle est ta valeur fondamentale, celle qui guide et motive toutes tes actions ?

La foi espiègle. Pour moi la foi, c’est la certitude intérieure que tout est connecté et que nous faisons partie d’un tout. Je crois que tout ce que l’on entreprend et vit influence notre environnement et vice versa. Cela m’amène à agir avec le plus de justesse possible. Pour cette raison, j’ai créé une entreprise qui soutient mon développement et en même temps qui contribue à quelque chose de plus vaste. L’espièglerie pour moi, c’est d’être amusé d’être émerveillé.

Peux-tu me parler de ton parcours d’entrepreneur ?

J’ai créé le blog www.techniquesdemeditation.com en 2012 par intérêt pour le sujet de la méditation et avec l’envie de partager mes expériences. Au début, ça a été étonnant : en partageant mon vécu, mon développement était soutenu. Je recevais des livres, des invitations à des stages… cela m’a donné de plus en plus de matière à partager. Fin 2012, j’avais déjà 1000 inscrits sur ma liste email.

Comme je recevais de plus en plus de demandes de conseils de la part de mes lecteurs, j’ai décidé de créer mon premier produit en ligne. J’ai suivi la formation de Jean Rivière qui devait me permettre de créer mon produit en 1 weekend, j’ai finalement mis 1 mois ! Mais au final, en 3-4 jours de vente je générais mes premiers 1000-1500 euros de revenus.

Par la suite, l’entreprise n’a cessé de se développer. J’ai commencé les programmes d’affiliations, j’ai rencontré d’autres auteurs, des entrepreneurs, des businessmans, je me suis payé des coachs pour affiner mes compétences et pouvoir prendre de l’amplitude.

J’ai ensuite commencé à constituer une équipe pour m’assister et pouvoir me consacrer aux tâches stratégiques. J’avais envie d’avoir du temps pour me consacrer à ce qui me fait vraiment plaisir et me tient à cœur. C’est à dire dans ma vie personnelle de pouvoir consacrer du temps à mes enfants, à mon couple, et du temps juste avec moi ; et dans ma vie professionnelle, d’explorer de nouveaux secteurs d’activités et de créer une fondation.

Est-ce facile pour toi de déléguer ?

Je choisis des gens qui ont des valeurs proches des miennes, car l’aspect humain est primordial pour moi. Je laisse ensuite chacun se placer selon ses intérêts pour qu’il/elle prenne du plaisir. Je peux ainsi me consacrer aux tâches qui me plaisent et je suis serein car je sais que mes collaborateurs se sentent nourris.

Quelles sont les personnes qui t’inspirent et te servent de ressources ?

Richard Branson : cet entrepreneur ne fait les choses que si ça l’amuse. Cet aspect du jeu et du ludisme est central pour moi.

Pour les notions de don et de partage, Gandhi et le Dalaï-Lama m’inspirent par leur altruisme. J’essaye moi-même d’être le plus possible dans le don, même si j’ai aussi besoin d’assumer mon quotidien matériel.

Enfin, Einstein me montre la voie de celui qui arrive à penser différemment. Cela m’aide à me poser des questions tels que ” De quoi n’ai-je pas conscience ? Qu’est-ce que je ne vois pas ?”.

Depuis quand vis-tu de ton activité ? As-tu la sensation de vivre dans l’abondance ?

Je vis de mon activité exclusivement depuis août 2016. L’abondance selon moi est plutôt un état d’être. C’est la certitude interne qu’il y a toujours assez de tout pour tout le monde dans les domaines matériel et immatériel. Alors oui, je vis la plupart du temps dans l’abondance car j’ai la confiance que quoi qu’il arrive, j’arriverai à me retourner. Mon statut d’entrepreneur m’a permis d’accroître cette confiance, car le parcours est fait de ces hauts et de ces bas dont je suis toujours revenu. Les lectures biographiques m’accompagnent en ce sens, en particulier de ceux qui ont réussi malgré des coups durs immenses.

Comment cultives-tu la notion de plaisir dans ton quotidien professionnel ?

Le plaisir est lié pour moi à une notion très forte de liberté. Même si mon planning est très rempli, je priorise mon envie du moment. S’il s’agit d’une ballade, je suis ce fil qui, je le sais, va me nourrir. J’ai cette foi que le reste va s’aligner et que le planning pourra s’ajuster.

Je sais que tu as 2 jeunes enfants, comment gères-tu ton temps entre vie personnelle et vie professionnelle ?

Au début, j’avais du mal à bien séparer les 2. J’ai finalement décidé de louer un bureau séparé de mon domicile pour mieux m’organiser. Désormais je définis mon lieu de travail selon les tâches que j’ai à faire : depuis le Starbucks café pour les tâches de direction générale, depuis mon bureau externe pour les tâches d’auteur et de président. Cela m’aide à mieux diriger ma façon de penser et à trouver la clarté interne de mon positionnement. Je travaille au total environ 20 heures par semaine et je suis ou donne pour le moment environ 4 formations par année selon ce qui me parle.

Je prévois les formations que je choisis de suivre très à l’avance, afin de respecter au maximum l’écologie familiale et d’organiser en conséquence la garde des enfants.

Pendant mes vacances, je n’ai pas encore réussi à m’organiser pour pouvoir vraiment tout couper. Je travaille une trentaine de minutes tous les jours ou tous les 2 jours avant que les enfants ne se réveillent pour gérer les quelques tâches de direction générale que je n’ai pas encore pu déléguer. Je suis donc à la recherche d’un(e) directeur(-trice) général(e) pour pouvoir gérer l’ensemble des équipes et des processus internes de l’entreprise.

En tant qu’entrepreneur, souffres-tu ou as-tu souffert de solitude ?

La sortie du salariat a été difficile, car il y a une fracture dans la façon de penser entre le salariat – ou l’on peut avoir tendance à remettre la faute sur les épaules du patron -, et l’entreprenariat – où l’on est seul responsable.

Je me suis globalement senti peu soutenu par mon environnement externe à ce moment-là. J’ai alors entrepris plusieurs démarches pour m’entourer d’autres entrepreneurs. J’ai notamment participé à des masterminds, j’ai recentré mon réseau et j’ai trouvé un bureau partagé avec d’autres entrepreneurs. Le fait de côtoyer des personnes issues de plusieurs autres domaines d’activité amène des échanges et des idées créatives.

Sais-tu te célébrer ?

Oui ! La célébration est un état interne avant tout. Cela peut passer par des choses très simples : m’offrir un chouette café, ouvrir une bouteille de vin, faire une balade en famille. Mais aussi aller me faire masser, organiser une sortie imprévue ou offrir une sortie ou une activité inhabituelle aux enfants ou à mon épouse.

As-tu des rêves ?

Oui, j’ai de nombreux rêves. Pour en citer un assez grand, j’aimerais un jour aller faire un tour dans l’espace !

Je souhaite sinon continuer à développer mon activité d’auteur et de formateur et toucher à terme 10 millions de personnes au travers notamment d’instants méditatifs.